
🪙 Notre ancienne monnaie divisionnaire (les pièces) était exportée en Chine pour être transformée en bijoux. Aujourd’hui , les nouvelles pièces émises par la BEAC cassent ce trafic illégal mais ces nouvelles petites pièces sont tout aussi rares que les précédentes.
Il fut un temps où quelques pièces suffisaient pour démarrer la journée : un mokate bien chaud pour 1 ou 2 F, un sachet d’arachides🥜 pour 5 F, ou encore un petit jouet en plastique pour 2 F. Aujourd’hui, ces « petites monnaies » (1F, 2F, 5F, 10F) se font de plus en plus rares dans nos poches et nos commerces. Pourtant, sans elles, l’économie informelle, qui fait vivre des milliers de familles, se grippe. Pourquoi ces pièces ont-elles déserté nos marchés ? Voici trois raisons principales.
- L’inflation : Le pouvoir d’achat en berne 📉
La première explication est économique. Avec la hausse constante des prix due à l’inflation, ces pièces ont perdu leur utilité quotidienne.
Autrefois 🕰️ : Avec 5 F ou 10 F, on pouvait acheter des biens de consommation courante comme :
- Un mokate (beignet) 🍪
- Un morceau de pâte à chou croustillant 🥟
- Des amuse-gueules tels que les croquettes ou le « Gratania »🥨 (cette célèbre baguette à croquer, originaire de Brazzaville et Kinshasa) 🥖
- On pouvait même compléter pour une lame de Gillette ou un petit pain 🍞
Aujourd’hui 💸 : Ces mêmes articles coûtent désormais 50 F, 100 F, voire plus. Devenues insignifiantes pour les transactions, ces pièces sont donc délaissées par les commerçants qui refusent de les accepter, accélérant ainsi leur disparition de la circulation.
- Le trafic : Une valeur marchande plus élevée que la valeur faciale ✈️💰
La seconde raison est criminelle. Ces pièces, autrefois fabriquées avec des métaux comme l’argent, le cuivre ou le nickel, avaient une valeur intrinsèque supérieure à leur valeur faciale.
- Des réseaux organisés se sont spécialisés dans le transfert illégal de ces pièces vers la Chine et l’Asie 🌏
- Là-bas, elles étaient fondues et transformées en bijoux ou en objets 💍✨, rapportant bien plus d’argent que les 1, 2 ou 5 francs qu’elles représentaient.
Le saviez-vous ? 🤔 Une pièce de 5F qui permettait d’acheter un bonbon pouvait, une fois fondue, devenir une bague vendue 10 000 F ! Ce pillage méthodique a considérablement vidé les stocks disponibles dans la zone CEMAC.
- L’accumulation domestique : « Faire la caisse »🏦📦
Enfin, une raison culturelle et domestique : la thésaurisation. Au Congo et dans la région, il est très courant de « faire la caisse ».
- Cette habitude consiste à accumuler ses petites pièces dans un tiroir, une boîte ou une caisse pendant de très longs mois, jusqu’à ce que le récipient soit plein.
- « C’est pour les mauvais jours » dit-on ! 🎁 Pourtant, cette pratique, bien que sympathique, retire massivement les pièces du circuit économique. Une fois dans la boîte, ces pièces ne servent plus aux échanges quotidiens, contribuant à la pénurie.
🛠️ Les solutions de la BEAC : Changer la matière pour sauver la monnaie
Face au trafic vers l’Asie, la BEAC a réagi en changeant la composition des pièces. Finies l’argent, le cuivre et le nickel qui faisaient le bonheur des bijoutiers chinois ! Désormais :
Pièce Matériau
1F et 2F 🔩 Acier inoxydable
5F à 100F 🏅 Nordic Gold
100F et 500F 🔴 Cupro-Nickel
500F ⚪ Maillechort.
Résultat : valeur marchande quasi nulle. Plus intéressant pour les trafiquants ! ✅
🤔 Mais alors… pourquoi on ne les voit toujours pas
Parce que le problème est devenu culturel. 🧠
- La méfiance😕 : commerçants et clients ont pris l’habitude de dire « pas de monnaie ».
- L’inflation 📈 : avec 5F, on ne peut toujours rien acheter, mokate ou Gratania coûtent entre 25 F et 50 F.
- « Faire la caisse » 🏦 : les nouvelles pièces finissent aussi dans les tiroirs, en attendant « les mauvais jours ».
❗Ironie du sort 😅 : la BEAC a gagné la bataille technique contre les trafiquants, mais pas encore la guerre psychologique contre nos poches et nos boîtes à épargne: » la caisse ».
Par Geoffroy ELENGA – Trader et Formateur
